Zone donneuse : une greffe déplace des cheveux, elle n'en crée pas

Toute la technique repose sur une observation ancienne et simple : les cheveux de l'arrière et des côtés du crâne ne tombent pas comme ceux du dessus. Comprendre pourquoi éclaire à peu près toutes les questions qu'un patient se pose.

Pourquoi ces cheveux-là résistent

Dans l'alopécie androgénétique, la chute vient de la sensibilité des follicules à une hormone dérivée de la testostérone. Cette sensibilité n'est pas répartie uniformément : les follicules de la couronne et des tempes basses en sont largement dépourvus, et ils conservent cette propriété où qu'on les place. Un follicule prélevé à l'arrière et implanté sur le dessus continue donc de pousser comme s'il était resté à sa place. Ce n'est pas la zone receveuse qui protège le cheveu, c'est le cheveu qui emporte sa résistance avec lui.

La conséquence, rarement énoncée

Cette réserve est finie. Une intervention ne fabrique pas de cheveux, elle en déplace : ce qui est ajouté devant est retiré derrière. La quantité totale prélevable au cours d'une vie est limitée, et une zone donneuse trop sollicitée devient elle-même clairsemée, ce qui se voit sur cheveux courts. C'est ce plafond, et non le souhait du patient, qui détermine ce qui est réalisable.

Densité perçue et densité réelle

Une chevelure naturelle compte de l'ordre de quatre-vingts à cent unités folliculaires par centimètre carré. Une implantation atteint couramment la moitié de cette valeur. Le résultat donne pourtant une impression de densité satisfaisante, parce que l'oeil perçoit surtout le contraste entre le cheveu et le cuir chevelu, et parce que le calibre et l'implantation des cheveux comptent autant que leur nombre. Attendre le retour de la densité de l'adolescence conduit en revanche à une déception mécanique.

La chute qui suit l'intervention

Les cheveux implantés tombent presque tous dans les semaines qui suivent, et cette chute peut toucher des cheveux voisins qui n'avaient pas été greffés. C'est un phénomène connu et transitoire : le follicule reste en place et redémarre son cycle. La repousse s'observe à partir de quelques mois et le résultat ne s'apprécie qu'au bout d'un an. Beaucoup d'inquiétudes exprimées à la sixième semaine viennent de l'ignorance de cette étape.

Ce qui explique la prudence avec les patients jeunes

La chute d'origine hormonale se poursuit après l'intervention, autour des cheveux implantés. Chez quelqu'un dont l'évolution n'est pas stabilisée, une ligne frontale posée tôt peut se retrouver isolée quelques années plus tard, séparée du reste par une zone dégarnie apparue entre-temps. C'est la raison pour laquelle l'évaluation porte sur l'évolution prévisible autant que sur l'état du jour, comme le rappelle notre page sur les risques et complications.

Ces éléments décrivent des mécanismes généraux et ne remplacent pas un avis médical : seule une consultation permet d'évaluer une situation individuelle.

Derniers articles

Pour aller plus loin